L’électrostimulation musculaire (EMS) applique des impulsions électriques à travers la peau pour provoquer une contraction involontaire du muscle. Ce n’est pas un raccourci : chez des adultes sains, à volume de travail égal, une méta-analyse de dix-neuf études n’a pas mis en évidence de différence statistiquement significative de gain de force par rapport à l’entraînement classique (Happ et Behringer, 2022). L’absence de différence significative ne vaut pas équivalence démontrée, si bien que ce résultat ne fait pas de l’EMS un substitut universel de l’exercice volontaire. Elle sert à activer une musculature inhibée et à compléter le travail de force lorsque la charge est limitée, et les appareils combinés peuvent en outre proposer des programmes TENS pour moduler la douleur.
Nous vendons des appareils d’électrostimulation et leurs consommables, autant le dire d’emblée : ce guide résume ce que disent les revues publiées et les documents de consensus, et non un test réalisé par nos soins ni une recommandation clinique individuelle. Là où les données sont faibles ou limitées à une population précise, nous le signalons.
Qu’est-ce que l’électrostimulation musculaire et comment fonctionne-t-elle ?
Le courant délivré par l’électrostimulateur imite les signaux que votre système nerveux envoie aux muscles : en traversant la peau, il dépolarise les nerfs moteurs qui innervent le muscle et déclenche sa contraction. Ce n’est pas le cerveau qui en donne l’ordre ; c’est un signal externe qui active cette voie depuis l’extérieur.
Préciser ce qu’elle n’est pas compte tout autant :
- Elle ne remplace pas le mouvement actif. L’EMS produit une contraction, mais elle ne se substitue ni à l’entraînement volontaire ni au travail du contrôle moteur, et elle n’entraîne pas davantage la technique ou la coordination.
- Elle ne constitue pas un traitement médical à elle seule. Elle peut s’intégrer à un programme de rééducation, toujours sur avis professionnel, lorsqu’il existe une pathologie.
- Ce n’est ni un « électrochoc » ni une baguette magique esthétique. Les courants sont conçus pour une contraction contrôlée, pas pour des décharges douloureuses ni pour « brûler la graisse » sans effort.
L’électrostimulation s’emploie dans des contextes différents selon l’objectif : la rééducation (retrouver de la force après une blessure), le contrôle de la douleur (par le TENS, et non par l’EMS classique), le sport (potentialisation ou récupération) et l’esthétique, où le stimulus musculaire seul ne produit en général que des changements limités.
Un programme moteur d’EMS vise une contraction nette, palpable et tolérable pendant toute la séance. S’il n’y a qu’un fourmillement, vérifiez si le programme sélectionné est bien un programme moteur ou si vous êtes en mode TENS : le repère n’est pas infaillible, car certains modes de TENS à basse fréquence, ou appliqués à intensité motrice, provoquent volontairement de légères contractions.
TENS, EMS ou SEF : quelle modalité choisir selon votre objectif ?
Chaque modalité d’électrothérapie poursuit un but distinct : le TENS pour la douleur, l’EMS pour le muscle, la SEF pour retrouver une fonction précise. Les distinguer évite d’acheter le mauvais appareil ou de sélectionner le mauvais programme.
TENS : la neurostimulation électrique transcutanée vise l’antalgie. Ses modalités, ses paramètres, le placement des électrodes et son usage sûr sont détaillés dans notre guide consacré au TENS.
EMS/NMES : l’objectif est le muscle. Le courant dépolarise les nerfs moteurs pour produire un travail mécanique, ce que la littérature anglophone appelle la stimulation électrique neuromusculaire (NMES). Applications : retrouver du tonus après une immobilisation, lutter contre l’amyotrophie, renforcer en complément de l’entraînement, et aussi la rééducation périnéale. Certains programmes intègrent des phases antalgiques, sans que ce soit la vocation première de l’appareil.
SEF : la fonction, en contexte clinique. La stimulation électrique fonctionnelle (SEF, ou FES dans la littérature anglophone) synchronise la contraction avec une tâche précise, par exemple relever la pointe du pied pendant la marche, faciliter l’ouverture de la main ou assister le pédalage. Elle s’emploie surtout en neurorééducation, sur indication spécifique et après évaluation professionnelle.
Règle d’or : le diagnostic et l’objectif d’abord, l’appareil ensuite. Beaucoup d’appareils combinent plusieurs modes, ce qui ne veut pas dire qu’ils conviennent également à tout : chaque programme a des paramètres distincts parce qu’il vise des effets différents.
Quand faut-il éviter l’électrostimulation ?
Demandez conseil avant de commencer si vous portez un implant électronique, si vous êtes enceinte, si vous souffrez d’épilepsie, d’une pathologie cardiovasculaire ou d’un diagnostic oncologique évolutif, ou si vous présentez des lésions cutanées là où iraient les électrodes ou une sensibilité altérée sur la zone. Les contre-indications dépendent en outre de la modalité et de l’appareil : un appareil local à électrodes adhésives ne pose pas les mêmes questions qu’une combinaison qui stimule tout le corps.
Application locale à électrodes adhésives (TENS et EMS à électrodes). Nous n’avons pas identifié de consensus récent propre à l’EMS locale qui serait l’équivalent du document sur la WB-EMS ; votre référence principale reste donc la notice de l’appareil et l’avis du professionnel qui connaît votre situation. Demandez conseil avant de commencer si vous êtes dans l’un de ces cas :
- Stimulateur cardiaque, défibrillateur automatique implantable (DAI) ou autre implant électronique
- Grossesse (en évitant particulièrement l’abdomen et la région lombaire)
- Épilepsie ou autre pathologie neurologique
- Pathologie cardiovasculaire notable, thrombose veineuse ou troubles de la circulation
- Diagnostic oncologique évolutif, ou tumeurs sur la zone à traiter
- Plaies ouvertes, brûlures, eczéma ou dermatite là où iraient les électrodes
- Zones à sensibilité altérée, où vous ne sentiriez pas que le courant est trop fort
Ne disposez pas les électrodes de manière que le courant traverse le thorax, et évitez la face antérieure du cou (le sinus carotidien). En cas de cardiopathie ou d’implant électronique, consultez la notice et un professionnel avant d’utiliser l’appareil.
Effets courants qui ne doivent pas inquiéter : une rougeur légère peut apparaître sous les électrodes et s’estompe généralement assez vite, et des courbatures peuvent survenir le lendemain, surtout lors des premières applications.
Le risque sérieux : la rhabdomyolyse. Une intensité excessive peut provoquer des lésions musculaires importantes, qui libèrent de la myoglobine dans le sang et peuvent mettre les reins à l’épreuve. La revue de Stöllberger et Finsterer (2019) a réuni neuf cas publiés après une électrostimulation du corps entier et a relevé qu’ils survenaient préférentiellement après la toute première application. En Espagne, un cas a été décrit chez une femme de 33 ans entraînée : elle utilisait pour la première fois un short à électrodes pour les fessiers pendant une séance de trente minutes sur un tapis de course, sa créatine kinase a atteint 64 150 U/L et elle a complètement récupéré (Guillén Astete et al., 2015). Il s’agissait d’un appareil local et non d’une combinaison intégrale, et les auteurs déconseillent d’utiliser l’électrostimulation pendant un exercice actif, le cumul de ces deux contraintes pouvant léser la fibre musculaire même chez une personne bien entraînée. Ce sont des cas isolés, qui ne permettent pas de calculer une fréquence, mais ils indiquent avec une certaine constance où se situe le point de risque : la première exposition intense chez quelqu’un qui n’y est pas habitué.
Signes d’alerte (arrêter et consulter en urgence) : douleur disproportionnée, faiblesse extrême qui ne s’améliore pas, urines foncées de couleur thé ou cola.
Règle pratique pour un appareil local : commencez doucement, progressez d’une séance à l’autre et n’associez pas une séance à un exercice volontaire intense sollicitant le même muscle. La WB-EMS supervisée relève d’un autre cadre : l’exercice léger pendant la stimulation y fait partie de la méthode.
Une précision pour éviter toute confusion : le consensus sur la WB-EMS porte sur son application commerciale et non médicale chez des personnes en bonne santé, et c’est pourquoi il place la pathologie neurologique parmi les contre-indications absolues. L’électrostimulation appliquée dans le cadre d’une neurorééducation, comme la SEF, relève d’une tout autre logique : elle est indiquée et supervisée par un professionnel de santé.
À quoi sert l’EMS en rééducation ?
L’EMS aide à activer la musculature quand le mouvement volontaire reste limité, ce qui constitue l’un de ses usages les mieux étudiés. Après plusieurs semaines d’immobilisation liée à une fracture ou à une chirurgie, la fonte musculaire progresse vite, et le courant permet de produire une contraction avant que le patient puisse la déclencher lui-même.
Les situations où elle apporte une valeur clinique :
- Amyotrophie d’immobilisation : elle permet d’activer les fibres quand le mouvement volontaire n’est pas encore possible.
- Récupération postopératoire : elle « réveille » les muscles inhibés par la douleur ou l’inflammation.
- Rééducation musculaire : elle facilite la reconnexion neuromusculaire lorsqu’un muscle reste inhibé ou difficile à recruter volontairement.
Le contexte le plus fréquent est le genou, parce que le quadriceps s’inhibe rapidement après une lésion articulaire, ce qui entretient la faiblesse et la douleur. La méta-analyse de Peng et ses collègues (2021), qui a regroupé neuf essais randomisés et 691 patients opérés d’une prothèse totale de genou, a mis en évidence une amélioration de la force du quadriceps à tous les temps de mesure, ainsi que des effets sur la douleur et la fonction à moyen terme. Ses auteurs appellent eux-mêmes à la prudence : dans les neuf essais, l’électrostimulation venait s’ajouter à la rééducation conventionnelle sans jamais la remplacer, plusieurs résultats n’atteignaient pas la différence minimale cliniquement importante, aucun bénéfice n’a été observé sur l’amplitude articulaire, et leur conclusion littérale est que le bénéfice clinique « reste à confirmer ».
La revue espagnole de Castillo-Lozano (2015) sur la rééducation fonctionnelle du genou recense les paramètres les plus employés, à savoir un courant biphasique symétrique, une fréquence de l’ordre de 40 Hz, une largeur d’impulsion de 261 ± 132 microsecondes et l’intensité maximale tolérée, avec des temps de travail et de repos très variables d’un protocole à l’autre. L’auteur soutient qu’associer l’électrostimulation à un exercice encadré est nécessaire pour obtenir des gains fonctionnels, et il désigne une mauvaise application comme cause fréquente de résultats médiocres. Il s’agit d’une observation d’expert au sein d’une revue narrative, et non d’un décompte de défaillances.
La lecture pratique : l’EMS fonctionne en complément du travail actif, pas en remplacement. Les séances « dans le canapé », sans autre stimulus, donnent des résultats limités. Si vous êtes en rééducation, la supervision d’un kinésithérapeute est déterminante pour ajuster les paramètres et la progression ; et si la douleur ou le gonflement augmentent, revoyez le placement et l’intensité, puis demandez un avis si cela persiste.
L’EMS est-elle utile dans le sport ?
L’EMS prend de la valeur dans le sport quand vous ne pouvez plus supporter les mêmes charges qu’avant : après une blessure qui limite l’entraînement habituel, pendant une phase d’allègement ou comme séance complémentaire ponctuelle. Si votre genou ne tolère plus les squats lourds mais que le quadriceps doit rester actif, c’est là qu’elle intervient.
Les objectifs réalistes en contexte sportif :
- Activation avant l’entraînement : certains appareils proposent des programmes d’activation préalable ; leur intérêt dépend du protocole et ils ne remplacent pas l’échauffement actif.
- Récupération active après l’effort : certains programmes sont utilisés à des fins de récupération ou de sensation de jambes allégées, même si leurs effets dépendent du protocole et de la réponse individuelle.
- Travail localisé : lorsque vous cherchez un stimulus supplémentaire sur un muscle précis sans surcharger des articulations déjà fatiguées.
Ce qu’il ne faut pas en attendre, c’est un chemin plus rapide. Les auteurs de la méta-analyse citée en ouverture n’ont pas mis en évidence de différence statistiquement significative entre les deux méthodes une fois le volume égalisé (Happ et Behringer, 2022). Ce résultat ne démontre pas une équivalence et ne permet pas de l’étendre à d’autres populations, à d’autres objectifs ni à d’autres protocoles. Notre lecture pour le contexte sportif est plus restrictive, car obtenir les mêmes gains de force ne dit pas tout : l’électrostimulation présente un profil de risque différent de celui de l’exercice volontaire, et nous la proposons donc pour soutenir le travail quand la charge est limitée, plutôt que comme un remplacement de routine.
Elle n’améliore pas non plus à elle seule la technique sportive, la coordination intermusculaire ou les schémas moteurs spécifiques. Vous pouvez avoir un quadriceps qui répond bien à l’électrostimulation et rester en difficulté sur le geste technique.
Sur la périodisation : pas tous les jours et pas à intensité maximale dès le départ. Commencez à des intensités modérées et évaluez votre tolérance avant d’augmenter. La fréquence de stimulation et la durée précises sont fixées par le programme que le fabricant prévoit pour l’objectif visé, ou par la consigne de votre kinésithérapeute, et non par une règle générale. Si vous travaillez avec des patients, documentez la réponse individuelle (fatigue perçue, gênes résiduelles, évolution fonctionnelle) et ajustez à partir de ces informations.

L’EMS sert-elle à se tonifier ou à maigrir ?
L’EMS peut contribuer au travail musculaire, mais elle n’élimine pas la graisse localisée et ne devrait pas être présentée comme un traitement de la fermeté cutanée. La méta-analyse de Kemmler et ses collègues (2021) sur l’électrostimulation du corps entier chez des adultes non sportifs a regroupé seize études et 897 participants, et a mis en évidence des effets importants et statistiquement significatifs sur la masse musculaire ainsi que sur la force des jambes et du tronc. L’effet sur la masse grasse, en revanche, n’a pas atteint le seuil de significativité statistique.
La lecture pratique est directe : la contraction provoquée par le courant génère un stimulus mécanique réel et le muscle peut s’adapter, tandis que la perte de graisse continue de dépendre d’un déficit énergétique durable. Vous pouvez renforcer le grand droit de l’abdomen et ne toujours pas voir de définition si la couche adipeuse reste en place. Une réserve de portée s’impose : ces données proviennent de systèmes du corps entier, qui stimulent bien plus de masse musculaire par séance que quelques électrodes adhésives posées sur une zone. Ces résultats de WB-EMS ne permettent pas d’estimer l’effet d’électrodes locales sur une seule zone, ni son ampleur ni son sens.
Elle a surtout du sens pour les personnes qui tolèrent mal la charge articulaire ou les impacts et qui cherchent un stimulus musculaire sans solliciter excessivement les genoux ni le dos. Les changements visibles sont progressifs et dépendent surtout de ce que vous faites en dehors des séances, alors fuyez les promesses du type « ventre dessiné en X séances ».
Où placer les électrodes ?
Trois règles suffisent dans la plupart des cas. La position des électrodes détermine quelles fibres reçoivent le courant et avec quelle efficacité, et c’est précisément là que Castillo-Lozano situe les erreurs les plus courantes de la pratique quotidienne.
Règle 1 : une peau propre et sèche. L’adhésif a besoin d’un contact direct. Crèmes, huiles ou sueur créent une barrière qui réduit la conduction. Si la pilosité est abondante, coupez les poils court plutôt que de les raser, pour éviter les irritations.
Règle 2 : un placement adapté à l’objectif. Visez le ventre musculaire ou les extrémités du muscle selon le programme, en essayant de poser une électrode sur le point moteur. Ne placez pas les électrodes directement sur une plaie.
Règle 3 : symétrie et contact complet. Une électrode qui se décolle par les coins concentre le courant sur une petite surface, ce qui provoque une gêne. Appuyez sur toute la surface et vérifiez que les bords restent collés.
Les erreurs fréquentes :
- Des électrodes usées : elles perdent en adhérence et en conductivité. Remplacez-les dès qu’elles ne tiennent plus correctement.
- De la crème ou de l’huile avant la pose : l’adhésif ne supporte pas les résidus gras.
- Monter l’intensité pour « compenser » un mauvais placement : cela crée de l’inconfort sans améliorer le résultat.
- Des électrodes trop petites ou trop rapprochées pour le muscle que vous cherchez à activer.
Si vous travaillez en cabinet, documentez le placement et les paramètres de chaque séance : la reproductibilité permet de comparer les réponses et d’ajuster la progression de façon objective.

Comment se déroule une première séance d’électrostimulation ?
Une première séance à domicile tient en six étapes : vérifier les contre-indications, définir l’objectif, préparer la peau, poser les électrodes, monter l’intensité depuis zéro jusqu’à la bonne sensation, puis observer la peau à la fin.
- Vérifiez et définissez l’objectif. Reprenez la liste de contre-indications de cet article ; si l’une d’elles vous concerne, ne poursuivez pas sans évaluation professionnelle. Sélectionnez ensuite un programme moteur adapté à l’objectif visé : activer, renforcer ou accompagner la récupération d’un muscle.
- Préparez la peau et le matériel. Nettoyez la zone à l’eau et au savon puis séchez-la ; retirez crèmes, huiles ou résidus de sueur ; vérifiez que le gel adhésif est en bon état et que les bords ne se décollent pas.
- Posez les électrodes sur le ventre musculaire ou aux extrémités du muscle, selon le programme et la notice de l’appareil, et appuyez sur toute la surface jusqu’à ce que les bords restent collés.
- Montez l’intensité depuis zéro. Vous cherchez une contraction visible et tolérable pendant toute la séance. Si vous ressentez des piqûres ou une brûlure, arrêtez l’application et retirez les électrodes. Vérifiez la peau, le contact, le placement et les consignes de l’appareil avant de vous en resservir.
- Respectez la durée du programme. Elle est fixée par le programme sélectionné, et de nombreux appareils la programment d’usine. Si le programme ne la fixe pas et que la notice ne propose aucun repère, n’improvisez pas : consultez les instructions de l’appareil ou un professionnel. En fin de séance, éteignez l’appareil, retirez délicatement les électrodes et rangez-les sur leur film protecteur.
- Observez la peau ensuite. Nettoyez doucement la zone et n’appliquez pas de produit irritant sur une peau rouge ou douloureuse. Des courbatures peuvent apparaître, surtout lors des premières applications. Ce qui n’est pas normal : une douleur disproportionnée, une faiblesse extrême, ou une rougeur intense qui s’aggrave, forme des cloques ou ne s’estompe pas.
Que faire après une séance d’électrostimulation ?
Observez comment votre corps réagit, prenez soin de la peau de la zone traitée et n’augmentez pas de vous-même la durée, la fréquence ni l’intensité pour accélérer les résultats. Ces soins comptent surtout lors des premières séances, celles où apparaissent les réactions inattendues.
La bonne fréquence : pour l’EMS locale, il n’existe pas de calendrier universel. L’intensité, la durée et le rapport entre contraction et repos dépendent de l’objectif (inhibition postopératoire, prévention de l’amyotrophie, renforcement, sport), du muscle traité, de l’appareil et de votre tolérance. Suivez le programme prévu par le fabricant pour cet objectif, ou la consigne du professionnel qui supervise l’application.
Repos et récupération : une séance d’EMS représente une charge musculaire, mais la récupération nécessaire dépend du programme et de son intensité. Après une application locale, adaptez l’activité qui suit à votre ressenti et aux consignes de l’appareil.
Soin de la peau : après avoir retiré les électrodes, nettoyez délicatement la zone pour éliminer les résidus de gel et surveillez l’apparition de rougeurs ou de sensibilité. Ces effets sont généralement légers et passagers, mais s’ils persistent, demandez un avis avant la séance suivante. Si vous notez plus de sensibilité que d’habitude sur la zone traitée, espacez les séances avant de recommencer.
Si vous avez un doute sur l’effet de la technique, sur des courbatures ou sur une réaction inattendue, adressez-vous au spécialiste qui supervise votre entraînement ou votre traitement.
Qu’est-ce qui change avec l’électrostimulation du corps entier (WB-EMS) ?
La WB-EMS stimule en même temps une grande partie de la musculature au moyen d’une combinaison ou d’un gilet, et c’est pourquoi la recherche de contre-indications et le dosage y sont bien plus stricts que sur un appareil à électrodes. Elle dispose de son propre consensus, et ses chiffres ne se transposent pas à un appareil local.
Le consensus allemand révisé en 2024 par von Stengel et ses collègues porte exclusivement sur la WB-EMS non médicale et écarte expressément les travaux consacrés à l’EMS locale. Il classe parmi les contre-indications absolues, entre autres, les maladies aiguës et les infections, une chirurgie récente sur la zone à stimuler, les stents ou pontages posés depuis moins de six mois, l’hypertension non traitée, la grossesse, les implants électriques et stimulateurs cardiaques, les troubles du rythme, les troubles graves de la coagulation, les maladies neurologiques et l’épilepsie. Comme contre-indications relatives, c’est-à-dire des situations qui exigent un accord médical préalable sans écarter la technique, il retient notamment le diabète, les tumeurs et cancers, la maladie rénale et la maladie cardiovasculaire (von Stengel et al., 2024). Deux évolutions de cette révision méritent d’être soulignées : le diabète et le cancer sont passés de contre-indication absolue en 2019 à relative en 2024. Si l’une de ces situations vous concerne, la décision revient à votre médecin.
Le consensus international de Kemmler et ses collègues (2023) ajoute les consignes d’application : une recherche de contre-indications consignée par écrit avant la première séance et renouvelée au moins tous les six mois ; une première séance à intensité modérée, correspondant à un « 4 » sur l’échelle de Borg CR10 ; un instructeur par utilisateur en WB-EMS médicale, un instructeur pour deux utilisateurs étant la limite admise en contexte non médical ; une séance par semaine pendant les 8 à 10 premières semaines et au moins quatre jours de repos après chaque séance intense ; et un apport planifié de 250 à 500 mL de liquide avant et après. Ce sont des recommandations d’experts fondées sur les données, et non des règles ayant force de loi en France ; en Belgique et en Suisse, vérifiez la réglementation applicable dans votre pays. Elles vous permettent de juger si un centre applique les mesures de sécurité de base : si personne ne vous demande rien de tout cela avant de vous mettre une combinaison, interrogez-vous sur le sérieux du service.
La vigilance ne s’arrête pas non plus au lendemain : la créatine kinase atteint son pic autour de 72 heures, si bien qu’une douleur musculaire extrême, une faiblesse marquée qui ne s’améliore pas au repos ou des urines foncées dans les 48 à 96 heures qui suivent imposent un avis médical urgent.

Quel électrostimulateur acheter ?
Choisissez selon l’objectif : un mode TENS si vous cherchez à soulager la douleur, l’EMS ou la NMES si vous cherchez à activer ou à renforcer un muscle, et plus de deux canaux s’il vous faut traiter plusieurs zones à la fois. Chez Kinemarket, vous trouverez des appareils d’électrostimulation et leurs accessoires, et ce qu’il faut regarder avant d’acheter (le nombre de canaux, la conformité réglementaire, le réglage manuel de la dose, les consommables, le service technique et la garantie commerciale) est passé en revue sur deux marques réelles dans le comparatif entre Globus et NeuroTrac. Et si vous équipez un cabinet en partant de zéro, vous y verrez quelle place cet appareil occupe face au reste de l’investissement.
Questions fréquentes sur l’électrostimulation
L’électrostimulation fait-elle mal ?
Elle ne devrait pas. Dans un programme moteur d’EMS, la sensation recherchée est une contraction rythmée, ferme mais tolérable. Si vous ressentez des piqûres, une brûlure ou une gêne qui vous fait vous crisper, arrêtez l’application et retirez les électrodes, puis vérifiez l’intensité, le placement des électrodes, l’état de la peau et les consignes de l’appareil. La douleur n’est pas le signe que cela fonctionne mieux.
À quelle fréquence puis-je utiliser l’EMS ?
Pour l’EMS locale, aucun calendrier unique ne s’applique : tout dépend de l’objectif visé, du matériel utilisé et de la façon dont vous la tolérez. Reportez-vous au programme que le fabricant destine à cet objectif, ou à la consigne de votre kinésithérapeute, et n’allongez ni ne multipliez les séances de vous-même. Vérifiez l’état de la peau entre les applications. Multiplier les séances ne donne pas de meilleurs résultats.
Au bout de combien de temps voit-on des résultats ?
Certains effets sont immédiats : la sensation d’activation musculaire après une séance d’EMS, ou le soulagement temporaire de la douleur avec le TENS. Les changements durables peuvent demander plusieurs semaines et dépendent de l’objectif. Y contribuent le programme choisi, une intensité adaptée et tolérable conforme à la notice, la régularité, et l’association à un exercice actif lorsqu’elle est indiquée. Sans ces appuis, les résultats restent en général limités.
L’électrostimulation fait-elle maigrir ?
Pas en tant que stratégie isolée. La graisse se perd grâce à un déficit énergétique durable, et aucun électrostimulateur ne retire la couche adipeuse qui recouvre le muscle travaillé. L’EMS peut compléter un programme associant exercice physique et alimentation adaptée, mais en attendre un amaigrissement à elle seule n’est pas réaliste.
Sources
Revues, documents de consensus et essais consultés pour ce guide :
- Peng L, Wang K, Zeng Y, Wu Y, Si H, Shen B (2021). Effect of Neuromuscular Electrical Stimulation After Total Knee Arthroplasty: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Frontiers in Medicine, 8, 779019.
- Happ KA, Behringer M (2022). Neuromuscular Electrical Stimulation Training vs. Conventional Strength Training: A Systematic Review and Meta-Analysis of the Effect on Strength Development. Journal of Strength and Conditioning Research, 36(12), 3527-3540.
- Kemmler W, Shojaa M, Steele J, Berger J, Fröhlich M, Schoene D, von Stengel S, Kleinöder H, Kohl M (2021). Efficacy of Whole-Body Electromyostimulation (WB-EMS) on Body Composition and Muscle Strength in Non-athletic Adults. A Systematic Review and Meta-Analysis. Frontiers in Physiology, 12, 640657.
- Kemmler W, Fröhlich M, Ludwig O, Eifler C, von Stengel S, Willert S, Teschler M, Weissenfels A, Kleinöder H, Micke F, Wirtz N, Zinner C, Filipovic A, Wegener B, Berger J, Evangelista A, D’Ottavio S, Singh Sara JD, Lerman A, Perez de Arrilucea Le Floc’h UA, Carle-Calo A, Guitierrez A, Amaro-Gahete FJ (2023). Position statement and updated international guideline for safe and effective whole-body electromyostimulation training: the need for common sense in WB-EMS application. Frontiers in Physiology, 14, 1174103.
- von Stengel S, Fröhlich M, Ludwig O, Eifler C, Berger J, Kleinöder H, Micke F, Wegener B, Zinner C, Mooren FC, Teschler M, Filipovic A, Müller S, England K, Vatter J, Authenrieth S, Kohl M, Kemmler W (2024). Revised contraindications for the use of non-medical WB-electromyostimulation. Evidence-based German consensus recommendations. Frontiers in Sports and Active Living, 6, 1371723.
- Stöllberger C, Finsterer J (2019). Side effects of whole-body electro-myo-stimulation. Wiener Medizinische Wochenschrift, 169(7-8), 173-180.
- Castillo-Lozano R (2015). Eficacia de la estimulación eléctrica neuromuscular en la rehabilitación funcional de rodilla en soldados. Sanidad Militar, 71(4), 254-261.
- Guillén Astete CA, Zegarra Mondragón S, Medina Quiñones C (2015). Rabdomiólisis secundaria a la realización de actividad física y electroestimulación simultánea: reporte de un caso. Reumatología Clínica, 11(4), 262-263.
